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L’évaluation en aide à l’apprentissage




10 janvier 2011
 

Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, dans la Politique d’évaluation des apprentissages[1], présente une vision commune de l’évaluation des apprentissages pour la formation générale des jeunes, la formation générale des adultes et la formation professionnelle. La politique s’inscrit naturellement dans la foulée des nombreux changements dans le monde de l’éducation depuis la tenue des États généraux sur l’éducation en 1996. Cette politique comporte 10 orientations pour guider l’évaluation qui, selon le MELS, doit être « au service de l’élève en vue de lui permettre de réaliser des apprentissages qui contribueront à son plein développement intellectuel, affectif et social, et ce, quels que soient ses capacités ou ses besoins particuliers »[2].

L’évaluation en cours de formation doit être intégrée à la dynamique des apprentissages de l’élève[3]. Voilà la première orientation de la politique. Dans cette optique, « l’élève n’apprend pas pour être évalué  : il est évalué pour mieux apprendre »[4]. L’évaluation est alors enchâssée dans l’apprentissage, elle est présente dans toutes les étapes du processus d’apprentissage et son but premier est d’aider les élèves à apprendre. Elle ne doit plus être considérée comme une entité distincte qui arrive en fin de parcours, mais plutôt comme une composante de l’apprentissage.

L’évaluation intégrée à l’apprentissage facilite la cueillette de données sur les apprentissages des élèves afin d’intervenir le plus rapidement et efficacement possible pour soutenir la progression de ces derniers. L’évaluation en aide à l’apprentissage permet en outre la régulation de la démarche d’apprentissage de l’élève et la régulation de la démarche pédagogique de l’enseignant.

Cette orientation constitue naturellement une dimension essentielle de la formation de base commune à l’éducation des adultes comme stipulé dans le programme sous la rubrique Une évaluation et une régulation au service de la réussite de l’adulte  : « Elle (l’évaluation) a lieu à tous les moments du processus de formation de l’adulte, soit à l’entrée en formation (dans une perspective de diagnostic ou de reconnaissance des acquis en formation continue) pendant les apprentissages, tout au long de la formation et à la fin des apprentissages, en vue de la sanction des études. »[5]

Les pratiques d’évaluation en aide à l’apprentissage représentent un défi de taille pour les intervenants en formation générale des adultes. Elles ne peuvent se limiter à l’accomplissement d’une tâche de mi ou fin de parcours, à l’administration d’une synthèse ou d’un pré-test calqué sur l’épreuve finale et à des rétroactions ponctuelles aux élèves dans leur processus d’apprentissage. Bien que ces pratiques permettent à l’élève de porter un regard périodique sur ses réalisations ou son cheminement, elles ne sont pas suffisantes pour favoriser une régulation rigoureuse. Car les rétroactions ne peuvent être communiquées uniquement pour les activités en cours ou pour le produit final attendu. Elles doivent être soutenues et viser entre autres les connaissances, les stratégies, les procédures et les démarches dans un contexte authentique et signifiant pour l’élève. De plus, pour que les activités d’évaluation soient réellement intégrées à l’apprentissage, elles doivent être planifiées à partir du programme de formation et non à partir des guides d’apprentissage ou de la définition du domaine d’évaluation.

L’évaluation en aide à l’apprentissage, dans une approche par compétence et dans une démarche de construction des savoirs, sera peut-être la clé pour se sortir de la logique « Pourquoi apprendre ça si ce n’est pas dans l’examen ? ».

Un comité de travail issu du sous-comité de la formation générale des adultes se penchera sur ce dossier cette année afin de proposer des pistes concrètes pour faciliter son intégration dans les classes de formation générale des adultes. En attendant, je vous invite à relire la Politique d’évaluation des apprentissages du MELS et à approfondir le sujet en lisant le chapitre 4 de l’ouvrage de Rosée Morissette, Accompagner la construction des savoirs, aux éditions Chenelières Éducations, dont je me suis inspiré en partie pour ce texte.



[1] Politique d’évaluation des apprentissages, Être évalué pour mieux apprendre, Ministère de l’Éducation, Gouvernement du Québec, 2003

[2] Idem, page 13

[3] Idem, page 14

[4] Idem, page 14

[5] Programme de formation de base commune, Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Gouvernement du Québec, 2007, page 12

1 Message

  • L’évaluation en aide à l’apprentissage 15 juin 2012 11:08, par Raymonde Gauthier

    Bonjour Stéphane. Lors de l’Après-cours en compagnie de Nathalie Matos, il était question d’une visioconférence portant sur la sanction et les aides à l’apprentissage et à l’évaluation. Ma Directrice de Commission scolaire aimerait avoir un apperçu de l’invitation à cette visioconférence. est-ce possible ? Elle aurait aimé y assister mais ne retrouve pas le courriel. Est-ce une demande acceptable ?
    merci.
    Raymonde Gauthier

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JPM 2018 Appel de propositions d’ateliers
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C’est sous le thème La parole est au changement que vous êtes invité à proposer un atelier pour la prochaine édition de la JPM qui aura lieu le vendredi 27 avril, au Centre de formation des maskoutains, à Saint-Hyacinthe.

Les ateliers sont de 75 ou 150 minutes. Pour proposer un atelier, vous remplissez ce formulaire en ligne, et ce, avant le 23 février 2018.